Enquête exclusiveArabie Saoudite : la folle vie d'un prince déchu

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Jusqu'au 5 novembre dernier, le prince Al-Walid Ben Tahal était l'une des personnalités saoudiennes les plus influentes du monde. Et l'une des plus riches aussi. Il a été arrêté au nom de la lutte anti-corruption dans le cadre d'une purge sans précédent lancée par son cousin, le prince Mohammed Ben Salman, tout comme une quarantaine de personnalités publiques (ministres, princes milliardaires et opposants politiques).

Membre de la famille royale et homme d'affaires international, le prince Al-Walid constituait un rival encombrant pour le jeune héritier du trône saoudien de 32 ans.
Enquête Exclusive propose le portrait de cette extravagante figure saoudienne. En 2005, nos équipes l'avaient suivi à bord de ses jets privés et de son yacht, l'un des plus beaux du monde, dans les bureaux de son imposante tour de verre de 300 mètres de haut, mais aussi dans son palais de 130 pièces à Riyad et dans un palace parisien qui lui appartient.
À l'époque, sa fortune est estimée à 20 milliards d'euros. Le prince Al Walid, 62 ans, roule sur l'or, mais contrairement aux rois du pétrole, il dit avoir bâti sa fortune sur ses seuls talents d'investisseur. Sa stratégie : acheter à bas prix des actions de grandes compagnies en difficulté et attendre qu'elles retrouvent leur place naturelle sur le marché. Il réalise en 1991 l'un de ses plus beaux coups en entrant dans Citicorp, aujourd'hui l'une des plus grandes banques du monde. Il est propriétaire des certains des plus prestigieux hôtels de la planète : le Georges V à Paris, le Plaza à New York, le Savoy et le Four Seasons à Londres. Il a possédé aussi près de 10% du parc Disneyland Paris.
Mais cet homme richissime sait faire profiter les autres de ses largesses. Il consacre chaque année environ 100 millions d'euros au mécénat ou à des œuvres caritatives. Nous l'avons suivi dans les quartiers populaires de Riyad en train de distribuer des enveloppes de billets à des familles pauvres. Le 26 juillet 2005, cet amoureux de la France a même remis au Musée du Louvre un chèque de 17 millions d'euros pour la création du département des arts de l'Islam.
Riche et généreux, le prince Al Walid est d'autant plus courtisé qu'il appartient à la famille royale d'Arabie Saoudite. Dans son carnet d'adresses se côtoient les chefs d'État et de gouvernement du monde entier. Avec eux, il parle affaires, mais aussi politique. Depuis le 11 septembre 2001, il s'emploie à améliorer les relations entre l'Occident et l'Arabie Saoudite.
Respectueux de l'islam traditionnel saoudien, celui que l'on appelle « le prince du désert » pratique la chasse au faucon et tient régulièrement des assemblées sous une tente en plein désert. Mais il est aussi favorable à l'ouverture de la société et en particulier à l'émancipation des femmes dans son pays. Il n'hésite pas à donner l'exemple : dans sa compagnie, Kingdom Holding, les femmes travaillent avec des hommes et elles ne sont pas voilées.

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Enquête exclusive
Magazine d'investigation hebdomadaire présenté par Bernard de la Villardière proposant des reportages sur l'actualité internationale.
Prochaine diffusion dimanche 21/01 à 23h05 sur M6