Réputée pour ses paysages grandioses, ses plages magnifiques et ses réserves animalières, l'Afrique du Sud a une face plus sombre. Derrière la carte postale, deux communautés (blanche et noire) ne cessent de se déchirer.

Malgré l'abolition de l'apartheid, en 1991, et l'espoir d'une réconciliation, les tensions raciales se sont envenimées ces dernières années. Et aujourd'hui, les rapports de forces semblent s'inverser. En imposant des quotas de noirs dans les entreprises, l'État a créé la génération des « black diamonds », des noirs fiers de leur réussite, et a privé de travail des milliers de blancs. De nombreux leaders politiques noirs exigent l'expropriation des blancs, longtemps accusés de s'accaparer les terres, et appellent à la revanche du peuple noir. Les attaques dans les fermes se multiplient, et les morts s'accumulent (72 fermiers blancs tués en 2017). Résultat, une partie de la communauté afrikaner se barricade dans des villes 100% blanches, qui ont leur propre monnaie, leur drapeau, leurs magasins, leurs écoles… Pendant qu'une autre partie, sans emploi et avec de faibles ressources, survit désormais dans des bidonvilles (les townships), peuplés jusque-là par les communautés noire et métisse. 80 bidonvilles, de blancs exclusivement, sont ainsi sortis de terre depuis 2000.

Si les lois récentes ont permis l'émergence d'une classe moyenne et supérieure noire, le pouvoir économique reste majoritairement aux mains des élites blanches, et les injustices sociales persistent. Plus de la moitié de la population (noire et blanche confondues) vit sous le seuil de pauvreté. La criminalité explose. Quant au parti au pouvoir, l'ANC, celui qui avait amené Nelson Mandela au pouvoir, il est rongé par la corruption. Et sa politique n'a jamais réussi à apaiser les tensions raciales.

Les équipes sont parties à la rencontre de tous ceux qui attisent la haine entre communautés, dont Julius Malema, l'homme politique le plus populaire du pays, et ont découvert une Afrique du Sud au bord du chaos. De Johannesburg au Cap, en passant par les campagnes reculées où des fermiers blancs vivent dans l'angoisse permanente et où des communautés entières se sont retranchées, en refusant de se mélanger, enquête sur cette nation « arc-en-ciel » qui a bien du mal à se débarrasser de ses vieux démons.
L'Afrique du Sud au bord du chaos
Réputée pour ses paysages grandioses, ses plages magnifiques et ses réserves animalières, l'Afrique du Sud a une face plus sombre. Derrière la carte postale, deux communautés (blanche et noire) ne cessent de se déchirer. Malgré l'abolition de l'apartheid, en 1991, et l'espoir d'une réconciliation, les tensions raciales se sont envenimées ces dernières années. Et aujourd'hui, les rapports de forces semblent s'inverser. En imposant des quotas de noirs dans les entreprises, l'État a créé la génération des « black diamonds », des noirs fiers de leur réussite, et a privé de travail des milliers de blancs. De nombreux leaders politiques noirs exigent l'expropriation des blancs, longtemps accusés de s'accaparer les terres, et appellent à la revanche du peuple noir. Les attaques dans les fermes se multiplient, et les morts s'accumulent (72 fermiers blancs tués en 2017). Résultat, une partie de la communauté afrikaner se barricade dans des villes 100% blanches, qui ont leur propre monnaie, leur drapeau, leurs magasins, leurs écoles… Pendant qu'une autre partie, sans emploi et avec de faibles ressources, survit désormais dans des bidonvilles (les townships), peuplés jusque-là par les communautés noire et métisse. 80 bidonvilles, de blancs exclusivement, sont ainsi sortis de terre depuis 2000. Si les lois récentes ont permis l'émergence d'une classe moyenne et supérieure noire, le pouvoir économique reste majoritairement aux mains des élites blanches, et les injustices sociales persistent. Plus de la moitié de la population (noire et blanche confondues) vit sous le seuil de pauvreté. La criminalité explose. Quant au parti au pouvoir, l'ANC, celui qui avait amené Nelson Mandela au pouvoir, il est rongé par la corruption. Et sa politique n'a jamais réussi à apaiser les tensions raciales. Les équipes sont parties à la rencontre de tous ceux qui attisent la haine entre communautés, dont Julius Malema, l'homme politique le plus populaire du pays, et ont découvert une Afrique du Sud au bord du chaos. De Johannesburg au Cap, en passant par les campagnes reculées où des fermiers blancs vivent dans l'angoisse permanente et où des communautés entières se sont retranchées, en refusant de se mélanger, enquête sur cette nation « arc-en-ciel » qui a bien du mal à se débarrasser de ses vieux démons.